« Nous sommes trop petits pour intéresser les pirates. » C’est la phrase que nous entendons le plus souvent… et l’une des plus dangereuses. La majorité des attaques ne visent pas une entreprise en particulier : elles sont automatisées et frappent toutes celles qui laissent une porte ouverte. Une PME sans service informatique dédié est souvent la cible la plus facile.

La bonne nouvelle, c’est que les failles les plus exploitées sont presque toujours les mêmes. Voici sept signes qui doivent vous alerter, et ce que vous pouvez faire dès cette semaine.

1. Les mots de passe sont partagés ou réutilisés

Un même mot de passe pour la messagerie, le logiciel de comptabilité et le Wi-Fi ; un fichier « codes.xlsx » sur le bureau ; un compte commun « accueil » utilisé par trois personnes. Si l’un de ces mots de passe fuite, tout le reste tombe avec lui.

À faire : activez la double authentification (un code sur téléphone en plus du mot de passe) sur la messagerie et les outils en ligne en priorité, et équipez l’équipe d’un gestionnaire de mots de passe professionnel.

2. Les comptes d’anciens salariés sont toujours actifs

Un départ, un stagiaire, un prestataire ponctuel : les comptes restent ouverts « au cas où ». Chacun d’eux est un accès que plus personne ne surveille.

À faire : dressez la liste des comptes actifs (messagerie, logiciels, accès à distance) et supprimez ou désactivez ceux qui ne correspondent plus à une personne présente. Prévoyez une procédure de départ systématique.

3. Les mises à jour attendent « quand on aura le temps »

Systèmes, navigateurs, logiciels métier, box, pare-feu : chaque mise à jour de sécurité corrige des failles connues, donc documentées et exploitables par n’importe qui. Un poste ou un serveur qui n’est plus mis à jour devient une cible de choix.

À faire : activez les mises à jour automatiques partout où c’est possible et identifiez les équipements qui ne sont plus maintenus par leur éditeur : ils doivent être remplacés.

4. Les sauvegardes existent… mais n’ont jamais été testées

Beaucoup d’entreprises découvrent le jour d’un incident que leur sauvegarde est incomplète, trop ancienne, ou chiffrée elle aussi par le rançongiciel parce qu’elle était branchée en permanence.

À faire : vérifiez qu’au moins une copie est stockée hors ligne ou hors site, et faites un test de restauration réel. Notre article sur la règle 3-2-1 détaille la méthode.

5. Tout le monde est administrateur de son poste

C’est pratique pour installer un logiciel sans attendre. C’est aussi ce qui permet à un programme malveillant ouvert par erreur de prendre le contrôle complet de l’ordinateur, puis de se propager.

À faire : réservez les droits d’administrateur à un compte dédié, utilisé uniquement pour l’administration, et travaillez au quotidien avec un compte standard.

6. Des accès à distance sont ouverts sur Internet

Bureau à distance accessible directement, interface d’administration de la box ou du NAS exposée, ancien VPN jamais mis à jour : ces portes d’entrée sont scannées en permanence par des robots.

À faire : listez les services accessibles depuis l’extérieur, fermez ceux qui ne sont pas indispensables et protégez les autres derrière un VPN à jour avec double authentification.

7. Personne ne sait quoi faire en cas d’incident

Un écran qui affiche une demande de rançon un lundi matin : qui appeler ? Faut-il éteindre les postes ? Prévenir les clients ? Sans plan, les premières heures sont perdues… et ce sont les plus importantes.

À faire : désignez un responsable, notez les contacts utiles (prestataire informatique, assurance, banque) et gardez une version papier de ces informations. En cas d’attaque, la plateforme gouvernementale cybermalveillance.gouv.fr oriente les victimes vers une assistance.

Combien de signes avez-vous cochés ?

Si vous vous êtes reconnu dans un ou deux points, vous n’êtes pas une exception : ce sont les situations que nous rencontrons le plus souvent. Les mesures ci-dessus réduisent déjà fortement le risque, et le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI est une excellente référence pour aller plus loin.

Mais une liste ne remplace pas un regard extérieur. Un audit de sécurité permet de vérifier concrètement l’état de votre réseau, de vos accès et de vos applications, puis de prioriser les corrections selon leur risque réel, pour concentrer votre budget là où il compte vraiment.

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